Le second souffle des autobus TN (1945-1971)

Le second souffle des autobus TN (1945-1971)

 

Après la libération, les autobus TN reprennent du service : ballons à gaz et gazogènes sont déposés et les aménagements intérieurs sont quelque peu modifiés. La division en deux classes disparaît. Les TN à grande plate-forme (6A, 6C2, 4B, 4C, 4F) reçoivent, en proportion variable selon les types, un équipement « type Paris » avec banquettes en simili cuir dans toute la voiture (50 places) ou « type banlieue » avec banquettes en bois, celles du fond étant relevables aux heures d’affluence (50 à 57 places selon les heures). Progressivement, à partir de  1956-57, au fur et à mesure des réformes de matériel, tous ces modèles seront « habillés » en « type Paris ».

Tous les TN4H, quant à eux, reçoivent uniformément un équipement simili cuir et circulent principalement dans Paris intra-muros.

Vers 1949-1950, tous les TN bénéficient d’un jeu de portes latérales destinées à protéger le machiniste des intempéries : l’hiver devient ainsi plus supportable mais l’été reste éprouvant en raison de la chaleur infernale qui se dégage de l’épaisse tôle formant plancher au dessus du moteur.

Un second rétroviseur est installé à droite et le réservoir d’essence, placé primitivement sous le siège du machiniste, est désormais déplacé à droite sous l’encorbellement du châssis. Quelques rares voitures, les TN4B notamment, ne subiront pas cette modification et les agents devront encore, pour quelque temps, respirer les très nocives vapeurs du mélange ternaire qui s’accumulent dans la cabine lors du remplissage.

Pour le reste, peu de changements : les roues jaunes sont repeintes en vert mais le receveur parcourt toujours plusieurs kilomètres quotidiens à l’intérieur de la voiture, actionnant la « moulinette » à valider les tickets et le timbre donnant le signal du départ.

Quelques essais sont pourtants effectués après-guerre : tentatives de couleurs nouvelles sur quelques TN4H, construction de dix caisses prototypes de TN4H BLA dont cinq en aluminium et cinq en acier inoxydable, fabrication d’un autobus prototype à sens de circulation des voyageurs vers l’avant et carrosserie fermée, transformation en diesel de 10 TN6A et 80 TN6C2 avec des moteurs Panhard 4HL ou Hispano Hercules.

Mais le grand public ignore tout de ces évolutions technologiques : il ne connaît guère que « l’autobus-à-plate-forme ».

Ainsi, au cours des années cinquante – et en attendant leurs remplaçants, toujours en nombre insuffisant en raison de l’extension constante des banlieues – les TN s’installent dans le folklore de Paris. « Monuments industriels » venus d’un autre âge, ils deviennent, en ce temps déjà, une curiosité archéologique pour provinciaux et étrangers. Une page de l’histoire de Paris est définitivement tournée lorsque disparaissent successivement les TN4B (1959), les TN6 (1969), les TN4F (1970) et les TN4H (1971). La légende peut désormais se forger.

 

Réagir


  • CAPTCHA

Galerie photos (125)

Newsletter

  • En inscrivant votre e-mail, vous recevrez gratuitement les bulletins d'information de Autobus de Paris